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Communiqué de presse

Plongée au cœur du Léman : à la découverte de sa vie marine méconnue

📅 22.06.2026 · Par Nfifi M · ⏱ 12 min de lecture · 2677 mots
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<strong>Par Nfifi M. – 22 juin 2026</strong>

Plongée au cœur du Léman : à la découverte de sa vie marine méconnue

Par Nfifi M. – 22 juin 2026

Pour comprendre la véritable richesse du lac Léman, il ne suffit pas de contempler ses eaux depuis la rive ou de naviguer sur sa surface. Il faut plonger dans ses profondeurs, explorer ses herbiers et observer les espèces qui le peuplent. Ce lac, le plus grand d'Europe occidentale avec ses 580 km² de superficie et ses 309 mètres de profondeur maximale[reference:0], abrite un écosystème d'une richesse insoupçonnée. Cet article se propose de lever le voile sur cette biodiversité aquatique, de décrire les espèces emblématiques qui le peuplent, de mettre en lumière les oiseaux qui le survolent et de dresser le bilan des menaces qui pèsent sur cet équilibre fragile. Il s'agit non seulement de faire connaître ce patrimoine naturel, mais aussi de sensibiliser à sa protection, de rappeler l'importance de la recherche scientifique et de souligner le rôle des acteurs locaux dans la préservation de ce joyau alpin.

Pour appréhender pleinement la vie marine du Léman, il est essentiel de distinguer les différentes zones de l'écosystème. 80% de la faune et de la flore se concentrent depuis la surface jusqu'aux 15 premiers mètres de profondeur environ, là où la lumière permet encore la photosynthèse[reference:1]. Au-delà, le manque de lumière change radicalement les conditions de vie. Il convient également de prendre en compte les rives, dont seulement 2% sont encore totalement naturelles, le reste étant constitué de murs et d'enrochements[reference:2]. Ce constat, dressé par la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel), montre l'urgence de préserver les espaces encore sauvages.

Les poissons : une diversité insoupçonnée

Le Léman compte une trentaine d'espèces de poissons[reference:3]. Certaines sont indigènes, d'autres ont été introduites au fil des siècles[reference:4]. Cette diversité fait la renommée gastronomique de la région et attire les pêcheurs professionnels, au nombre de 138 en 2020 sur l'ensemble du lac[reference:5].

La perche est sans conteste la star du lac. Ce poisson, qui varie de 15 à 40 cm pour un poids de 100 g à 2,5 kg[reference:6], est très prisé des gastronomes. Sa période idéale de pêche est l'automne, mais les pêcheurs parviennent à en trouver tout au long de l'année en adaptant leurs méthodes[reference:7]. La pêche professionnelle est fermée du 15 avril au 25 mai pour permettre la reproduction[reference:8].

Le brochet est le plus grand poisson présent naturellement dans le Léman[reference:9]. Ce prédateur emblématique peut atteindre 1,20 mètre pour 20 kilos[reference:10]. Il fraie entre février et avril et se nourrit principalement de poissons, mais aussi d'oiseaux, ce qui témoigne de la complexité des chaînes alimentaires du lac[reference:11].

La féra, ou corégone, est un poisson prisé aux saveurs délicates. Elle pond ses œufs en décembre et peut mesurer jusqu'à 60 cm pour 3 kilos[reference:12]. Elle représente l'un des symboles du patrimoine halieutique lémanique. Avec la perche, elle constitue la grande majorité des prises des pêcheurs professionnels[reference:13].

L'omble chevalier est typique des grandes profondeurs. Il pèse entre 500 g et 10 kg et sa période de fraie s'étend de mi-novembre à mi-janvier[reference:14]. La truite lacustre, quant à elle, peut atteindre 80 cm pour 15 kg et fraie de novembre à janvier[reference:15].

D'autres espèces, moins fréquentes ou plus méconnues, complètent ce tableau : l'ombre commun, la grémille, le vengeron, le rotengle, la chevaine, le carassin, la brème, le barbeau, l'ablette, le vairon, le spirlin, le chabot, l'épinoche, l'anguille, la perche soleil et le silure[reference:16]. Tous participent à l'équilibre naturel du lac.

Les oiseaux : des hôtes ailés du Léman

Le Léman joue un rôle primordial dans les migrations des oiseaux européens[reference:17]. Environ 130 espèces d'oiseaux, pour la plupart aquatiques, ont été dénombrées sur le lac[reference:18]. Certaines sont sédentaires, d'autres migrateurs, faisant escale pendant l'hiver ou venant se reproduire au printemps[reference:19].

Si l'on tient compte de toutes les espèces d'oiseaux, sédentaires ou de passage, on en dénombre pas moins de 79[reference:20]. Cela va du colvert, connu de tous, au très rare eider à duvet, en passant par le majestueux grèbe huppé, le discret blongios nain caché dans les roselières, et l'emblématique cygne tuberculé[reference:21].

L'avifaune lémanique se divise en plusieurs grands groupes : les anatidés (canards de surface ou plongeurs), les laridés (mouettes et goélands), les scolopacidés (limicoles), les podicipédidés (grèbes) et les rallidés (foulque macroule)[reference:22]. Certaines espèces, comme le canard colvert ou la foulque macroule, sont présentes tout au long de l'année. D'autres ne fréquentent la région qu'à des saisons précises[reference:23].

Les oiseaux d'eau se trouvent dans la partie haute de la chaîne alimentaire[reference:24]. Leur présence est directement influencée par l'état du milieu naturel, et ils jouent un rôle de régulateurs sur les étages inférieurs. Insectivores, herbivores ou piscivores, leurs régimes alimentaires sont très variés[reference:25].

Parmi les espèces remarquables, on peut citer le harle bièvre, un canard plongeur qui niche surtout dans le nord de l'Europe et passe l'hiver sur le Léman[reference:26]. La présence de cet oiseau témoigne de la qualité des eaux du lac[reference:27].

Les autres habitants : amphibiens, reptiles et mammifères

La vie marine du Léman ne se limite pas aux poissons et aux oiseaux. À l'interface terre-eau, les amphibiens trouvent dans les marais qui jouxtent le lac, comme aux Grangettes ou à la Pointe à la Bise, des milieux accueillants[reference:28]. Certains serpents, comme la couleuvre vipérine, apprécient les baignades lémaniques[reference:29].

Côté mammifères, les roselières en bordure du lac peuvent accueillir des micromammifères comme des souris des laîches, et il arrive de trouver des traces de castor[reference:30]. Les bordures du lac sont aussi le paradis des chauves-souris, pour qui le Léman est une importante source d'eau et de nourriture grâce à la profusion d'insectes. Le murin de Daubenton peut même saisir des alevins[reference:31].

Les menaces qui pèsent sur l'écosystème

Malgré sa richesse, l'écosystème du Léman est fragilisé par plusieurs facteurs. Le réchauffement climatique est sans doute la menace la plus grave. Le lac a connu un treizième hiver consécutif sans brassage complet des eaux en 2025, un record dû à la hausse des températures[reference:32]. Ce brassage, qui permet l'oxygénation des eaux profondes, est essentiel au maintien des écosystèmes aquatiques[reference:33]. Cette année, les eaux ne se sont mélangées que jusqu'à 110 mètres de profondeur, soit un peu plus du tiers des 309 mètres que compte le lac[reference:34].

Les conséquences sont dramatiques : le taux d'oxygène dans les eaux profondes est passé de 7 mg/l en 2012 à environ 2 mg/l aujourd'hui, sous le seuil critique de 4 mg/l nécessaire pour les organismes vivants[reference:35][reference:36]. Ce déficit d'oxygène affecte la croissance du phytoplancton, des microalgues à la base de la chaîne alimentaire, qui sert de nourriture au zooplancton, lui-même bol alimentaire des poissons[reference:37].

L'avenir de l'omble chevalier, de la féra et d'autres poissons emblématiques est menacé[reference:38]. Les salmonidés comme la féra ont besoin d'eau froide pour frayer. Autrefois, elles frayaient à 3-6 mètres de profondeur ; aujourd'hui, elles doivent descendre plus profond pour trouver des eaux plus fraîches, ce qui les expose à des zones moins oxygénées[reference:39].

À cela s'ajoute la menace des espèces invasives. La moule quagga, qui colonise le fond du lac par milliards, aspire le phytoplancton et les particules en suspension, modifiant radicalement l'écosystème[reference:40]. La gestion de ces espèces invasives est un enjeu majeur pour la biodiversité aquatique[reference:41].

Enfin, l'état des rives est préoccupant : 83% d'entre elles sont constituées de murs et d'enrochements, et les rives encore totalement naturelles représentent moins de 2% du lac[reference:42]. Cette artificialisation réduit les habitats disponibles pour la faune et la flore.

Graphiques : la vie marine du Léman en chiffres

Les graphiques suivants permettent de visualiser la diversité des espèces, l'évolution des conditions environnementales et les menaces qui pèsent sur l'écosystème.


1. Répartition des principales espèces de poissons du Léman

Commentaire : La perche et la féra dominent largement le peuplement piscicole du Léman, représentant à elles seules près de la moitié des populations.


2. Évolution du nombre d'espèces d'oiseaux observées sur le Léman

Commentaire : Le nombre d'espèces d'oiseaux observées sur le Léman est en légère augmentation, signe de la richesse de l'avifaune locale[reference:43].


3. Répartition des groupes d'oiseaux sur le Léman

Commentaire : Les anatidés (canards) constituent le groupe le plus représenté, suivis des laridés (mouettes et goélands)[reference:44].


4. Évolution de la température hivernale des eaux de surface (0-10 m)

Commentaire : La température hivernale des eaux de surface a augmenté de 1,5°C par rapport à la période de référence 1991-2020, atteignant 7,8°C en 2025[reference:45][reference:46].


5. Évolution du taux d'oxygène dans les eaux profondes du Léman

Commentaire : Le taux d'oxygène dans les eaux profondes a chuté de 7 mg/l en 2012 à environ 2 mg/l en 2025, bien en dessous du seuil critique de 4 mg/l[reference:47][reference:48].


6. Profondeur de brassage des eaux du Léman (hiver)

Commentaire : Le brassage complet des eaux, qui atteignait les 309 mètres de profondeur en 2012, ne dépasse plus 110 mètres en 2025[reference:49][reference:50].


7. Répartition des pêcheurs professionnels sur le Léman (2020)

Commentaire : En 2020, on comptait 138 pêcheurs professionnels actifs sur le Léman, dont 72 du côté suisse[reference:51].


8. État des rives du Léman

Commentaire : 83% des rives du Léman sont constituées de murs et d'enrochements. Les rives encore totalement naturelles représentent moins de 2% du lac[reference:52].


9. Principales menaces pesant sur l'écosystème du Léman

Commentaire : Le réchauffement climatique et le déficit d'oxygène qui en découle constituent les menaces les plus graves pour l'écosystème du Léman[reference:53][reference:54].


10. Évolution de la population de féra (corégone) dans le Léman

Commentaire : La population de féra, espèce emblématique du Léman, est en déclin constant, victime du réchauffement des eaux et du manque d'oxygène[reference:55].


Les acteurs de la protection du Léman

Face à ces menaces, plusieurs institutions et associations œuvrent pour la protection du lac. La Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel), organisme intergouvernemental franco-suisse, étudie le lac depuis plus de 60 ans[reference:56]. Elle publie régulièrement des données sur l'état des eaux et alerte sur les dangers qui menacent l'écosystème[reference:57].

L'Association pour la sauvegarde du Léman (ASL) mène un travail de sensibilisation et d'information, notamment à travers sa revue trimestrielle Lémaniques[reference:58]. Le Musée du Léman, à Nyon, propose des expositions et des ressources pédagogiques pour faire découvrir la faune et la flore du lac[reference:59].

Des accords internationaux, comme l'accord franco-suisse sur la pêche signé en 1980, fixent des règles pour assurer la pérennité de l'exploitation des ressources halieutiques[reference:60]. Des règlements communs sont également entrés en vigueur pour harmoniser la gestion de la pêche sur tout le lac[reference:61].

Conclusion

La vie marine du Léman est d'une richesse exceptionnelle, mais elle est aujourd'hui confrontée à des défis sans précédent. Le réchauffement climatique, le déficit d'oxygène, les espèces invasives et l'artificialisation des rives mettent en péril un équilibre fragile. Pour préserver ce patrimoine, il est urgent d'agir, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de protéger les zones naturelles restantes et de poursuivre les efforts de recherche et de sensibilisation. Le Léman, avec ses eaux profondes et ses rives chargées d'histoire, continue d'abriter une biodiversité unique. Il appartient à chacun de nous de veiller à sa sauvegarde, pour que les générations futures puissent, à leur tour, admirer la grâce d'un grèbe huppé, goûter à la finesse d'une féra et s'émerveiller devant la puissance d'un brochet. Le lac est un trésor ; il est de notre devoir de le protéger.

Nfifi M.

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